Histoire et Patrimoine

Connaissez-vous la ville de BEN GUERDANE ?

01 Située à 550 km de Tunis, cette commune de 80 000 habitants du gouvernorat de Médenine ne jouissait pas de la célébrité que des localités  voisines comme  Zarzis,  grâce au tourisme balnéaire, ou d’autres  telles que Tataouine, Matmata ou plus à l’ouest, au Djerid, Nefta et, dans le Nefzaoua, Kébili avaient gagnée, à partir du XXe siècle,  grâce à l’essor du tourisme saharien. Pourtant, Ben Guerdane et l’extrême sud-est tunisien ne manquent pas d’intérêt en matière d’héritage culturel, de sociologie, d’histoire militaire, voire d’histoire des relations internationales.

Hostorique de la ville

Le territoire où se trouve Ben Guerdane est connu dans l’histoire de Tunisie sous le nom de Ouatan Ouerghemma  («pays»  des Ouerghemma) ou — administrativement parlant —  caïdat des Ouerghemma, occupe la plaine de la Djeffara : ses limites sont à l’est la Méditerranée et le lac des Bibans, au nord et à l’ouest,  la chaîne du Dahhar avec les djebels Matmata et Demmar; au sud, le djebel Abiodh et les confins saharo-tripolitains de la Tunisie.
La présence humaine y est fort ancienne ainsi que l’attestent des vestiges archéologiques et le témoignage des auteurs anciens.  La Djeffara était connue des navigateurs crétois, phéniciens et grecs. Aboutissement des pistes transsahariennes, elle était aussi le point d’embarquement de divers produits apportés depuis Ghadamès. Les Puniques y créèrent des comptoirs. A l’époque romaine, la culture de l’olivier ainsi que des activités liées à la  pêche occupaient une place importante de même que le grand commerce caravanier. 
Malgré la présence ancienne de populations sédentaires, les conditions climatiques et le problème lancinant de l’eau donnèrent très tôt naissance à un semi-nomadisme consacré à l’élevage et à l’agriculture intermittente.

 

Si, à l’origine, les populations  appartenaient au vieux fonds berbère (Zenata, Sanhaja, Louata), à l’époque arabe et  surtout depuis le brassage de la population consécutif à l’arrivée en Ifriqiya au XIe siècle des tribus hilaliennes, cette région eut des tribus berbères et des tribus arabes  et, progressivement, une population mélangée arabo-berbère; à l’exception de quelques communautés berbérophones, notamment les villages de montagne. Ce qu’il convient de retenir, c’est que dans ce territoire, la population se réclame de la confédération des Ouerghemma. Selon Mohamed Nasser Bettaïeb, auteur d’une excellente monographie sur Ben Guerdane (Tunis, 1998), et appartenant lui-même à une famille de notables de la région, cette confédération se serait constituée au XVIe siècle pour pallier l’éloignement ou la désorganisation d’un pouvoir central et organiser la vie autour d’un pacte régissant les règlements et litiges. Cette confédération fut constituée à l’initiative de la tribu des Ouerghemma proprement dite et par les nomades Ouderna, Khzour, Touazine, Ghomrassen, Hararza, Djelidet, Tarhouna (plus tard installés en Libye) et des tribus hilaliennes, ainsi que les sédentaires Akkara. Il faut signaler ici la présence des communautés berbères Djebaliya des villages de montagne (Douiret, Chenini de Tatouine, Guermassa). La mémoire collective affirme que cette union des tribus fut l’œuvre d’un homme d’ascendance chérifienne venu de la fameuse Séguia Hamra, Moussa Ben Abdallah, qui prêchait un islam de tolérance et d’égalité entre Arabes et Berbères.

En dépit de la fraternité revendiquée depuis la constitution de cette confédération, ici comme ailleurs lorsque coexistaient nomades et sédentaires, les premiers eurent tôt fait d’imposer leur domination aux seconds. Entre nomades eux-mêmes, razzias et escarmouches  intertribales rythmaient l’existence et nourrissaient des récits épiques conservés et enjolivés par la poésie populaire. La plus importante de ces guerres tribales fut sans doute celle qui opposa, au XVIIe et au XVIII siècles, les Ouerghemma à une autre  grande tribu, celle des Nouaiel. Elle s’acheva par le refoulement de ces derniers au-delà de l’actuelle frontière (jadis au-delà de l’oued Fassi).
Ces  antiques antagonismes à caractère essentiellement économique (maîtrise des points d’eau et des pâturages, extension des territoires et vol d’animaux ) prenaient la forme de conflits à caractère politique qui se réclamaient d’alliances anciennes.  Ainsi, au XVIIIe siècle, lors de la guerre  qui opposa Ali pacha  à son oncle Husseïn bey de Tunis, les Ouerghemma prirent-ils parti pour l’oncle et ses fils et rejoignirent-ils  le çoff légitimiste (Husseïniyya), cependant que les Nouaiel prenaient parti pour le neveu  et vinrent gonfler le clan « pachiste » (bachiyya). Cet antagonisme raviva des animosités plus anciennes connues dans la culture tribale tunisienne sous le nom de deux clans ennemis (Youssef et Chaddad).

Excellents cavaliers, les Ouerghemma fournissaient aux beys de Tunis des supplétifs du Makhzen qui s’équipaient et se montaient à leurs frais mais jouissaient en échange d’une exemption fiscale.

A l’occasion de l’attaque terroriste du 7 mars, Ben Guerdane et sa population ont néanmoins donné, encore une fois, la preuve de leur sens de l’unité nationale  et de leur hostilité agissante à toute atteinte à l’intégrité du territoire et à la cohésion de la patrie.

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